Les Éclaireurs Louzolo – Amour (Les ELA)

(en construction)

 

Comme l’indique son titre, cette rubrique est consacrée à la connaissance du mouvement des Éclaireurs Louzolo Amour créé par Guy Émile Loufoua Cetikouabo, le Président Fondateur de l’ASLA-OPH mais aussi à la (re)découverte du Scoutisme en général.

 

Alors que sur instructions du Grand Maître de l’OPH, hormis les veillées – Dambages, toutes les activités de l’ASLA à Brazzaville (Bimoko, réunions des B.C.I., BUCOBRAZZA, Collège des Inspecteurs spirituels, Commission biblique, École de Dimanche, répétitions) étaient suspendues à compter du 12/07/1994 jusqu’à nouvel ordre, il concéda aux ELA un privilège qui en dit long sur la place qu’occupe ces derniers dans l’ASLA-OPH : « Le Commissaire Général des Éclaireurs Louzolo-Amour en ce qui le concerne est autorisé à poursuivre ses activités (sorties, camps etc.) à Brazzaville et partout où existe ce mouvement. » stipulait le message de Papa (NC n°106 du 15/07/1994).

 

Quelques messages aux ELA :

Dans nos recherches entreprises dans le souci de mettre à disposition de tous des éléments de la pédagogie scoute, nous avons pu trouvé deux versions du dernier message de BP (1) qu’il a fait parvenir aux scouts du monde entier depuis le Kenya où il s’était retiré avant de nous quitter. Non, il n’a pas laissé 2 messages différents ! Il faut comprendre que l’existence de ces 2 textes (qu’il y en ait d’autres n’est pas exclu) est tout simplement du, à notre humble avis, au fait que l’adieu du World Chief avait été fait en anglais sa langue maternelle. Le texte original a donc été traduit plus d’une fois en français comme en beaucoup d’autres langues. Nous reproduisons ci-dessus les 2 versions car cela ne fera que renforcer la compréhension du mot d’adieu de Lord Baden-Powell, à l’image de l’utilisation enrichissante que fait un prédicateur de plusieurs traductions de la Bible.

 

L’ultime message du Fondateur du Scoutisme, Chef Scout du Mondial,

 

1e version :

« Mes Chers Scouts,

Si vous avez vu la pièce « Peter Pan » (2) vous vous souviendrez que le grand pirate faisait toujours son discours d’adieu car il craignait que le moment venu il n’ait pas le temps de vider son cœur. Il en est un peu pour moi et bien que je ne sois mourant en ce moment, je m’en irai bientôt et je veux vous adresser, avant la séparation, un mot d’adieu.

 

« Ceci est l’ultime message que vous aurez de moi, ne l’oubliez pas, méditez-le.

Ma vie a été extrêmement heureuse et je désire qu’il en soit de même pour chacun de vous.

Je crois que Dieu nous met dans ce monde si gai pour que nous y soyons heureux et que nous jouissions de la vie. Le bonheur ne vient d’être riche, de connaître le succès dans sa carrière ou en ayant de l’indulgence pour soi-même. Le premier pas qui conduit au bonheur est de faire de soi un être sain et fort alors qu’on est encore garçon, afin de pouvoir se rendre utile et ainsi jouir de la vie quand on devient un homme.

 

« Dans l’étude de la Nature vous découvrirez combien Dieu a comblé ce monde de choses belles et admirables pour votre jouissance. Soyez satisfaits de ce que vous avez et mettez-le à profit. Voyez le beau côté des choses au lieu du contraire.

 

« Mais le vrai chemin du bonheur c’est celui qui vous incite à apporter le bonheur aux autres. Essayez de quitter ce monde l’ayant rendu un peu meilleur que vous ne l’avez trouvé, et quand viendra votre tour de mourir, vous pourrez vous en aller heureux sachant qu’au moins vous n’avez pas vilipendé votre vie mais fait « de votre mieux. » Soyons donc « toujours prêts » à vivre joyeusement et à mourir de même – tenez toujours votre promesse d’éclaireurs – même quand vous aurez cessé d’être un garçon – que Dieu vous aide à le faire.

 

« Votre ami,

BADEN-POWELL. »

 

2e version :

« Ceci est juste un petit mot d'adieu, pour vous rappeler, quand j'aurai disparu, que vous devez tâcher dans la vie d'être heureux et de rendre les autres heureux. Que cela paraît facile et agréable, n'est-ce pas ? C'est tout d'abord par la bonne action quotidienne que vous apprendrez à apporter le bonheur aux autres. La meilleure manière d'atteindre le bonheur est de le répandre autour de vous.

 

« J'ai eu une vie très heureuse, et j'aimerais qu'on puisse en dire autant de chacun de vous. Je crois que Dieu vous a placé dans ce monde pour y être heureux et jouir de la vie. Ce n'est ni la richesse, ni le succès, ni l'indulgence envers soi-même qui créent le bonheur.

 

« L'étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses et non le plus sombre.

 

« Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus et quand l'heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n'avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ».

Soyez prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse même quand vous serez adultes.

 

« Que Dieu vous aide.

Votre ami

Baden-Powell »

 

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Notes :

(1) Prononcer « bipi » de son vrai nom Lord Stephenson Smyth Robert Baden-Powell, 1er baron Baden-Powell of Gilwell - général britannique, (1857-1941)

 

(2) Cette pièce en forme de conte de fées, Peter Pan, ou le petit garçon qui ne voulait pas grandir de Sir James Matthew Barrie (auteur dramatique et romancier britannique, 1860-1937) publiée en 1904 parle de la quête de l'innocence enfantine. C’est aussi un personnage de bande dessinée créé en 1990 par Régis Loisel, (dessinateur et scénariste de bande dessinée français, 1951- ) d’après la pièce. Les studios Disney ont fait de Peter Pan l’un des héros les plus célèbres du monde à travers une adaptation en 1953.

 

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Voici un texte de Rudyard Kipling (1865-1936), écrivain britannique (le premier à recevoir le prix Nobel de littérature en 1907) Entre autres romans, poèmes et nouvelles, il a donné vie à Mowgli le « petit d’homme » que les Louveteaux connaissent bien car le Louvetisme s’inspire de l’imaginaire du Livre de la jungle publié en 1894 et du Second Livre de la jungle de 1895. Dans ce poème intitulé « If » (« Si » en anglais) parce que constitué de la promesse de devenir dépendant de l’observation de certaines conditions, il nous partage son sens de l’éthique, qui est faite de respect de soi et des autres, d’attachement à ses convictions et de tolérance.

 

Tu seras un homme

 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie

Et, sans dire un seul mot te remettre à rebâtir

Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d'amour

Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre;

 

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter les sots

Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d'un mot,

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

Et si tu peux aimer tous les amis en frères

Sans qu'aucun d’eux ne soit tout pour toi;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître

Penser, sans n'être qu'un penseur,

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu peux être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant;

 

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres la perdront,

Alors, les rois, les dieux, la chance et la victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,

Tu seras un homme, mon fils.

 

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Le texte qui suit aurait été écrit par Amadou Hampâté Bâ (v. 1901-1991), écrivain, historien et traditionaliste malien. Ce défenseur de la culture orale en Afrique, et l’un des premiers à la transmettre par écrit nous laissé nous a appris qu’« En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ! ». La leçon de choses ci-dessous, symbiose de la science naturelle et du sens moral, témoigne du sens d’observation qui doit caractériser l’éclaireur en particulier et l’homme en général. Mais aussi de l’aptitude à savoir re-trouver l’instruction dans la création.

 

À l’école du caméléon

 

« Si j’ai un conseil à vous donner, c’est d’aller à « l’école du Caméléon ». C’est un grand professeur.

D’abord quand il prend une direction, il ne détourne jamais la tête. Donc, ayez un objectif précis dans la vie et que rien ne vous détourne de cet objectif. Et que fait-il le Caméléon ? Il ne tourne pas la tête, mais c’est l’œil qu’il tourne. Il regarde en haut, il regarde en bas, ça veut dire : informez-vous.

 

« Ne croyez pas que vous êtes seul être sur la terre. Il y a toute une ambiance autour de vous. Et le Caméléon, quand il arrive dans un endroit, il prend la couleur du lieu. Ce n’est pas de l’hypocrisie. C’est d’abord de la tolérance et puis aussi du savoir-vivre. Se heurter les uns aux autres n’arrange rien. On n’a rien construit dans la bagarre. La bagarre détruit. Donc la mutuelle compréhension est un grand devoir. Il faut toujours chercher à comprendre notre prochain. Si nous existons, il faut que lui aussi existe.

 

« Et que fait le Caméléon quand il lève le pied ?... Il se balance pour s’assurer que ses pieds posés ne s’enfonceront pas… C’est après qu’il va déposer les deux autres. Et il se balance encore. Et il lève la tête… Ça s’appelle la prudence dans la marche ! Sa queue est préhensible. Il s’accroche pour que si le devant s’enfonce, il reste suspendu : ça s’appelle « assurer ses arrières »… ne soyez pas imprudents.

 

Et que fait-il le Caméléon quand il voit une proie ? Il ne se précipite pas dessus mais il envoie sa langue. Ce n’est pas la petitesse de la proie qui dit qu’elle ne peut pas vous faire mourir. Si sa langue peut lui ramener la proie, il la ramène tranquillement, sinon il a toujours la ressource de reprendre sa langue et d’éviter le mal. Donc, allez doucement dans tout ce que vous faites. »  

 


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